Prologue

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PROLOGUE





La nuit scintillait de tous ses feux sur Las Vegas, la ville la plus surprenante des Etats-Unis et peut-être même du monde. Parce qu'à Las Vegas, la nuit n'est jamais noire : les enseignes des casinos, des hôtels, les fontaines éclairés, les animations d'extérieur, produisent une lumière éblouissante. Toutefois, comme dans n'importe quelle ville, il y a des ruelles sombres aux allures de coupe-gorge. Ce sont rarement des touristes qu'on trouve là, ou alors ce sont des pigeons.

Dans une de ces rues l'enseigne d'un club de strip-tease miteux s'allumait par intermittence, provoquant des clignotements électriques et des étincelles. Un homme s'arrêta devant le bar et tira une bouffée de sa cigarette. Il n'avait pas l'air pressé. Il contempla un instant les poubelles éventrées entassées aux pieds des immeubles, les fils électriques qui traversaient les airs. Toute ville, même la plus riche et la plus déjantée, a sa face cachée. L'homme écrasa son mégot d'un coup sec du talon et sortit un revolver de sa poche. Un bruit le fit se retourner.

D'autres silhouettes progressaient vers lui. Il en comptait trois. Les trois arrivaient chacune d'un côté différent. Billy se retira dans l'ombre, amorçant discrètement son arme. Il attendit qu'un des arrivants s'approche de lui pour le braquer.

- On ne bouge plus, chéri !

Les autres sursautèrent. Billy fronça les sourcils : ils n'étaient donc pas venus ensemble ? Celui qu'il menaçait leva légèrement les bras en signe d'apaisement et parla avec un fort accent russe.

- Hé, du calme ! On peut s'arranger !
- T'es un russkoff, non ? T'es de la bande à Ivan le Terrible ?
- Ouais et toi ? Pour qui tu bosses ?
- Je bosse pour celui qui n'a pas à se justifier de quoi que ce soit, le parrain des parrains... Alors je vais te dire ce que tu vas faire, le soviet, tu vas ranger ton flingue et repartir aussi sec d'où t'es venu. Je compte jusqu'à 3...


- Que personne ne bouge ! Faites gaffe, bande de bâtards, je suis armé ! s'écria un des autres types. Ce fils de pute de barman miteux a des dettes chez mon patron, c'est moi qui m'occupe de son cas !

Il avançait lentement vers les deux autres. La confrontation semblait inévitable. Le dernier, qui ne s'était pas encore démasqué, prit le parti de rester planqué un petit moment. Bien lui en prit.

Billy ricana.

- Hé ben, on est presque au complet... Bon, les enfants, un peu de calme, on va régler ça vite fait. C'est moi qui me charge de ce petit enfoiré, pigé ?
- C'est mon affaire ! C'est à mon patron que...
- Mon patron encule le tien tous les dimanches, ferme ta gueule ! Putain, il manquerait plus que ces saloperies de latinos vicelards !


- Né bougez plou, tous !

- Je disais quoi déjà ?
ricana Billy. Et en voilà deux autres qui déboulent ! Toi t'es qui alors, un porto ou un rital ?
- Jé souis avec les Porto ricains et yé t'emmerde connard, partez tous dé là !
- Hé mais qu'est-ce que tu fous là, on est dans la même bande !
s'exclama le deuxième, un italien. Je suis envoyé par le Pater !
- Et moi par lé Padre, dépouis quand...
- Saloperie, alors le Padre joue en solo !
- Fermez-la tous !
hurla un des autres.
- J'y comprends plus rien, gémit le Russe.

Billy commençait à s'énerver sérieusement. Et Billy, il ne faut pas l'énerver. C'est lui qui tira le premier coup. Il visa le porto-ricain : il n'avait jamais pu les supporter. Le reste fut confus. Il y eut un formidable échange de coups de feu. Billy se retrouva seul debout, couvert de sang. Il épousseta son costume. Bon.

Le black qui était resté caché dans un recoin contemplait la scène, les yeux écarquillés. Il ne voyait que des images flash, par intermittences, lorsque l'enseigne du bar qui provoquait tant de conflits daignait s'allumer. Il poussa un profond soupir : il avait bien fait de rester là.

Il allait s'éloigner discrètement lorsqu'une explosion retentit. Des gravats furent projetés un peu partout. Billy se jeta au sol, éclaboussant son costume de sang russe, italien, porto-ricain et yankee. Lorsqu'il releva lentement la tête, il n'y avait plus de bar. Un asiatique grand et très mince se tenait devant lui, couvert de piercings et de cendres.

- Boom ! Yeah !

Il fit quelques pirouettes avant de partir en sautillant.


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# Posté le samedi 10 mars 2007 11:03

Modifié le lundi 31 août 2009 14:34

Welcome

Welcome
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Synopsis


Las Vegas, Nebraska.


Ville-lumière des Etats-Unis, symbole du rêve américain, de la richesse et de la décadence, Las Vegas
est la ville de toutes les débauches. Toujours plus haut, toujours plus loin, elle fascine le monde entier.

Mais chaque merveille a son côté sombre...

Las Vegas devient alors le rendez-vous de toutes les âmes perdues, oasis au milieu du désert...
De nombreux personnages : truands en tout genre, policiers, journalistes, dont les routes vont
se croiser et se décroiser, avec au rendez-vous passions, désillusions et... la Mort au bout du chemin.


~ Mio ~ ________

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# Posté le samedi 10 mars 2007 11:26

Modifié le mardi 16 juin 2009 08:48

PREMIERE PARTIE

PREMIERE PARTIE : PREMICES

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# Posté le samedi 20 juin 2009 13:40

Modifié le lundi 22 juin 2009 08:52

EPISODE 1

EPISODE 1
Je précise avant tout que la liste monumentale de personnages que vous allez voir est une
vision d'ensemble de la situation, je ne vous demanderai en aucun cas de tout retenir du premier coup !!
Cliquez sur les liens pour voir les photos (de bonne qualité avant que la poisse s'en mêle...)

Bonne lecture



EPISODE 1 : LAS VEGAS FAMILY



“And death is on the air like a smell of ashes !
Ah ! can't you smell it ?”__________ ______

D.H. Lawrence, The Ship of Death.




- Bon, récapitulons, Nic... qui a fait péter le bar de Samuel Banks ?
- Eh bien, justement, c'est assez difficile à dire...


Kevin Niccols se gratta brièvement la nuque, comme à chaque fois qu'il était ennuyé. Il n'aimait pas les enquêtes qui n'aboutissaient pas, mais à Las Vegas il devait bien s'y faire : l'argent contrôlait tout, l'Argent, le tout-puissant...
Kevin était pourtant un bon flic, un policier intègre. Bien sûr, comme nombre de ses collègues, il avait traficoté un peu et touché à des embrouilles, enfin rien de bien méchant. Il connaissait bien son métier, savait s'arranger parfois à l'amiable en échange d'un petit renseignement par-ci par-là, en bref c'était un flic normal qui satisfaisait sa hiérarchie.
C'était un homme d'une quarantaine d'années, mais on aurait pu lui donner plus avec son visage fatigué, désabusé par ses échecs professionnels et personnels. Ses yeux bleus scrutaient le vague avec résignation. Oui, à une époque, il était jeune et fougueux, il croyait dur comme fer à la Justice, celle avec un grand J, à la morale... Enfin, avant tout CA. C'était bien loin, cette époque-là, maintenant.

- J'en sais rien, Larry... On a retrouvé plein de cadavres et le labo est en train d'analyser les innombrables douilles. Les macchabés sont Mikhaïl Andropov, Winston Lester, Fredo Finialli, Juan Amenabar et le patron du tripot, Samuel Banks, ainsi que sa moitié et sa marmotte. Et qu'est-ce que ça nous apprend ? Nada. Comme d'hab, ces cons se sont entretués...

Larry Budd fronça les sourcils, signe de réflexion intensive. Son front se barra de rides soucieuses. Kevin le laissa réfléchir. Il avait l'habitude de travailler avec Larry, leur tandem fonctionnait. Il suffisait de bosser ensemble sans déborder trop sur l'espace de réflexion personnelle de l'autre.

Larry avait quelques années de plus que Kevin, et c'était par ailleurs le poids lourd de la brigade de Las Vegas. Sous ses cheveux grisonnants, c'était un policier extrêmement méthodique, minutieux, à la logique imparable et à la conscience la plus intègre. Une perle rare, un élément brillant souvent récompensé pour son efficacité. Lui, la Justice avec un grand J, ça lui parlait toujours. Dans son esprit, les méchants étaient encore punis, comme dans celui des enfants. Plus dans celui de Kevin. C'est peut-être pour ça que celui-ci vouait une telle admiration à son aîné. Il l'apparentait un peu à un rhinocéros, fonceur, implacable. Pas le genre qui pourrait dévier de sa route pour quelques dollars.

Les sourcils de Larry se détendirent, signe qu'il faisait une pause dans sa méditation. Il poussa un profond soupir. L'aube venait à peine de poindre sur la ville qu'ils étaient déjà tous deux sur le pied de guerre. Il se mit à contempler le paysage par la fenêtre, mains croisées dans le dos, tandis que Kevin remuait lentement son café, attendant la suite. Larry finit par se tourner vers lui, l'air préoccupé.

- Tu veux savoir à quoi je pense, Niccols ? Ou tu t'en doutes ?
- J'attends de savoir. Mais je crois que j'ai ma petite idée...
- Vas-y. Donne ta petite idée.
- Tu te dis que toutes ces foutaises sont le prélude au Putain de Chaos, avec un grand P et un grand C de préférence...
- Exactement. Tu penses pareil que moi, n'est-ce pas ? Il faudrait être foutrement aveugle pour ne pas s'en rendre compte, d'ailleurs. Toutes ces anecdotes à la con qui se succèdent, d'abord il y a quelques semaines un attentat à la voiture piégé, puis tous ces macchab' parlant toutes les langues de la terre qui s'enchaînent... C'est clair comme de l'eau de roche : la pègre de Vegas est en train d'imploser. Ca pourrait être une bonne chose, en tout cas c'est sûrement ce que se dit la hiérarchie qui va s'en frotter les mains. Mais moi je n'y crois pas. Il faut surveiller tout ce merdier de près, de très près. Ca s'agite chez les gangsters, ça va être chaud bouillant les jours à venir.

- Ouais. Si Frank en vient à se faire détrôner de son poste de roi de la pègre, c'est l'anarchie assurée. Et nous, on est bons pour les missions périlleuses en pleine guerre de gangs.


Larry soupira de nouveau.

- Quand donc est-ce qu'on pourra voir la Justice régner en maître à Las Vegas, au lieu de ce vieux truand dégénéré...

"Jamais.", songea Kevin, mais il n'en dit rien. C'était comme ça dans toutes les grandes villes. On ne pouvait pas échapper à la rançon de la gloire : les rapaces attirés par l'argent, le luxe et le pouvoir...

Le téléphone sonna, les arrachant à leurs pensées respectives. Kevin décrocha spontanément.

- Inspecteur Niccols, j'écoute... Oui... J'arrive, Meeks.

Il raccrocha et leva la tête vers Larry.

- L'analyse des douilles est terminée. Je fais un saut chez l'expertise, ok ?
- Vas-y. Je vais finir mon café en t'attendant.


L'inspecteur Niccols parcourut d'un pas traînant les couloirs dégagés du Bureau Central. Il avait toujours cette démarche, sans motivation aucune, depuis cette fameuse nuit... Il s'ébroua. Il ne fallait plus y penser. Il DEVAIT oublier.
Après être sorti de la division réservée à la brigade des inspecteurs, il s'engagea dans un escalier et marcha de nouveau jusqu'à atteindre la porte de Meeks, l'expert en chef. Il frappa brièvement et entra dans le grand bureau où des policiers grouillaient, classant dossiers et pièces à conviction. Meeks l'aperçut et le rejoignit. Kevin le regarda d'un ½il torve déplacer sa masse corporelle élevée jusqu'à lui. L'expert lui adressa une tape amicale sur le bras.

- Bien le bonjour, inspecteur. Je vous offre le café ?
- Déjà pris. Alors, ces douilles ?
- Bon, comme vous le devinez, y en a de toutes sortes. Comme les cadavres, hein ?
plaisanta Meeks dans un rire aussi gras que sa personne. Enfin, la plupart proviennent d'une arme qui ne se trouvait sur aucun des morts. Donc, un petit rigolo qui s'est échappé sans égratignure. Les pruneaux proviennent d'un Colt 45. On a recoupé avec nos dossiers, on a trouvé de quel arsenal il venait. Devine, je te le donne en mille...
- Notre vieux Frankie ?
- Bingo, Nic ! L'arme est dans l'arsenal du tonton de Las Vegas. Sûrement un coup de son âme damnée.
- Ce motherfucker de Billy Bedlam...
- Moi c'est ce que je pense. Mais après tout c'est vous l'inspecteur, hein ? Allez, vieux, voilà le dossier complet. Amusez-vous bien. Ah, et au fait...
- Quoi ?
- Je crois que vous avez tort de bosser avec Budd. On le pense tous. Un mec aussi honnête n'a pas d'avenir à long terme dans la police, surtout par les temps qui courent... Les gangsters bougent, hein, Nic ? Il va se faire manger le Budd. La hiérarchie n'a rien à foutre des policiers blancs jusqu'aux os. Voyez ce que je veux dire ?
- En technicolor. N'empêche que lui a réussi à être inspecteur, alors que t'en rêvais et que tu restes un rat de laboratoire. Vois ce que je veux dire ? Allez, bonne journée, Meeks.


Meeks haussa les épaules en grommelant tandis que la porte claquait derrière Kevin.


Larry touillait son café à n'en plus finir, plongé dans ses pensées. Ca lui arrivait très souvent de déconnecter comme ça, il était bien mieux pour réfléchir. Il suçota un moment sa cuillère avant de se diriger vers les étagères qui contenaient les plus gros dossiers de Las Vegas. Il s'installa à son bureau avec une pile.

Le premier ouvert : Frank Mitch, alias Frankie. LA pointure de la ville, incontournable. C'était lui qui tenait les rênes de la grande truanderie. Il avait été installé à ce poste royal il y avait déjà pas mal de temps par les mormons. En effet ceux-ci détenaient la majorité des richesses totales de la ville, ils laissaient Frankie la gérer sur place pendant qu'eux se vautraient dans leurs villas aux quatre coins du monde. Les actions d'hôtels, de casinos, les installations d'entreprise rentables ne suffisant plus au grand Frank, celui-ci ne tarda pas à abattre ses serres acérées sur tout ce qui pouvait rapporter du pognon en plus de tout ça, c'est-à-dire la drogue, le racket, les paris illégaux en tout genre. Plein aux as, le vieux Frankie. Marié à une ex-catin, Vicky - une belle femme, soi-dit en passant, et plus jeune que lui. Il avait même accepté de reconnaître la marmotte de Vicky : une adolescente en chaleur répondant au doux nom de Ginger. Tous trois vivaient comme des pachas dans leur sublime villa de la banlieue. Home Sweet Home. Mais voilà que Frankie voyait sa tranquillité menacée par tous les gangs qui gagnaient progressivement en influence... Il n'avait pas vu venir le coup, et maintenant il était confronté de plein fouet au problème.

Alors, il envoyait Billy, son lieutenant, son ombre, son garde du corps, pour régler tout cela de façon musclée. Appelé Billy Bedlam parce que son cerveau était un vrai bric-à-brac où les neurones s'entrecroisaient, se touchaient sans qu'on comprenne trop comment. "Bedlam", en anglais, ça veut dire deux choses : bazar, et asile d'aliénés, un endroit que Billy avait longtemps fréquenté avec camisole chimique et compagnie. Tout ça pour dire que Billy était un psychopathe à la gâchette extrêmement facile.

Le Frankie bénéficiait encore d'autres aides, tels que Crazy Folk, le mormon le plus dingue de la ville - apparemment il aimait s'entourer de dingues - un doux illuminé prédisant la fin du monde à tous les passants, effrayant les gamins et les moineaux. Un peu hystéro mais qui sous ses apparences de jovial frappé, n'avait pas ses yeux dans sa poche.

Tout comme Mole, La Taupe, un journaleux de papier à scandale à la langue bien pendue, qui aidait Franky à faire chanter les hautes personnalités de la ville. Ce petit personnage haïssable et méprisable s'immisçait partout comme de la gangrène, espionnant à tout va.

Bref, en un mot comme en cent, la police les connaissait tous mais jamais ils ne pouvaient prendre Frank la main dans le sac. Malin, le vieux singe. Alors ils n'avaient d'autre choix qu'éplucher ses comptes afin de l'expédier au bagne pour facture impayée ou une connerie du même acabit.

Mais Frankie n'était plus le seul sur le terrain maintenant.

Larry passa au dossier suivant : Ellroy Benz.

Ambitieux entrepreneur qui montait en puissance, le bonhomme. Il possédait de plus en plus de grands hôtels à Vegas, tels que le Bellagio, le Caesars Palace, le Riviera et l'hôtel Paris. Il gérait tout cela d'une main de fer. Larry sentait qu'il n'allait pas tarder à franchir l'infime frontière vers l'illégalité. Il était déjà soupçonné de truquer en douce des jeux de ses casinos et d'être propriétaire de quelques bookies. Mais là aussi, aucune preuve, et Ellroy se prélassait pépère avec Madame Benz et la marmaille : un jeune voyou du nom d'Andrew et sa s½ur Kimmy - Kimberley sur l'acte de naissance - , un beau brin de fille, ambitieuse, avec les dents qui rayaient le parquet. C'était tout pour le "yankee", l'élégant rapace. Un de ses compères, baptisé Nietzsche par ses collègues, gérait avec brio le Bellagio, mais Larry était persuadé que leur fructueuse collaboration ne s'arrêtait pas là.

Ca, c'était pour les arrivistes. Mais il y avait également deux clans assez puissants ancrés dans la ville depuis longtemps, qui s'étaient associés à leurs risques et périls afin de mettre leurs forces en commun et ne pas se faire manger par les plus gros : les Portoricains et les Italiens, propriétaires à eux tous du Monte Carlo, du Rio et du Venise. Les chefs de chaque clan étaient El Padre et Il Pater. Mais ils avaient beau être associés, les tensions internes allaient croissantes : ensemble ok, mais chacun pour sa gueule quand même. Il était prévisible que chacun allait essayer de doubler l'autre et que l'un des deux camps s'effondrerait, à moins que, pourquoi pas, les deux.
Remarque, ceux-là étaient paradoxalement plus sympathiques que Frankie et Ellroy. Du moins, El Padre le Porto Ricain, que Larry avait déjà vu. Un type très amical, c'était limite s'il ne lui avait pas ouvert les bras. Et sa femme alors ! Une sacrée maîtresse femme, Domino. Il s'était même demandé si ce n'était pas elle qui tirait les ficelles tant elle paraissait dominatrice. Ils avaient une gamine sympathique, Soledad. Tous très chaleureux. Difficile de croire que papa organisait des courses illégales truquées, mais surtout (la spécialité des latinos) trafiquait de la drogue.
Il Pater, Larry ne l'avait pas rencontré mais il savait qu'il avait une femme bien plus jeune que lui, un top model pimpant. A part ça... Il semblait tout de même plus dangereux que le Padre qui paraissait plutôt bonhomme. Mais il faut se méfier des illusions...

D'autres clans minoritaires s'imposaient encore malgré la tyrannie de Franky et celle, grandissante, d'Ellroy Benz. Les russes notamment, avec à leur tête Ivan le Terrible. Celui-là n'avait pas l'air de vouloir déborder sur les territoires des autres, bien content de ses confortables acquis, mais sait-on jamais. On ne peut jurer de rien avec les russes. Il avait à son service des types dangereux, tel que Freaky, appelé comme ça car, bien sûr, il était assez effrayant.

Ceux qui semblaient également tenir en place, c'étaient les bridés. Eux n'étaient pas réellement un gang mais un petit groupe de tapineuses dirigées par leur maquereau, un joyeux luron au visage juvénile, appelé Smiley car il souriait tout le temps. L'autre homme de l'histoire - enfin, personne n'avait jamais su déterminer son sexe avec certitude - était Banjo, Banjo le Barjo comme on aimait à l'appeler, une grande asperge couverte de piercings et dont le cerveau - ou ce qu'il en restait après avoir été bercé trop près du mur - était un épais mystère. En bref, la moitié des gangsters de la ville étaient des dingues dont la place était dans un asile. Smiley régnait en maître sur presque tout le réseau de la prostitution, son attraction-phare étant la belle Kiwi, strip-teaseuse la plus renommée de Las Vegas, par conséquent extrêmement rentable. Se servant des juteux salaires de son armée de donzelles, Smiley détenait la majorité des parts de l'Imperial Palace. Il ne se fritait pas avec les autres bandes, restait à sa place déjà plutôt avantageuse. A priori il n'y avait pas de raison qu'il bouge.

Pas comme la petite bande de Diamond Dog, un black très ambitieux qui aurait pu être assez effrayant si ses deux lieutenants n'étaient pas des crétins de première classe, les frérots Rocket et Bazooka, des boulets cosmiques. Mais le Dog lui-même avait bien l'intention de faire honneur à la communauté noire en grimpant au sommet, c'était quelqu'un de dangereux. Pour le moment il se débrouillait bien dans ses petites magouilles et avait l'intention de s'étendre. A surveiller de très près, donc.

D'autres minorités se disputaient les miettes mais aucune n'avait le courage ni les moyens de s'opposer à Frank. Pas de doute, les deux géants étaient sans conteste Frankie et Ellroy, suivis de près par les latinos qui auraient pu être plus dangereux s'ils n'étaient pas si divisés.

En un mot comme en cent, c'était vraiment la merde.

Kevin rentra dans le bureau et balança le dossier de l'analyse.

- C'est un sbire de Frankie qui a flingué les autres. Vue l'énorme distribution de pruneaux, je parie pour Billy le Barge.
- Ouais, sûrement. T'as petit-déjeuné, Nic ?
- Non, on est là depuis 5h du mat', je te rappelle.
- Viens, on va casser la croûte.
- Allons-y.


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# Posté le dimanche 11 mars 2007 07:38

Modifié le samedi 20 juin 2009 13:41

EPISODE 2

EPISODE 2
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Quelques mots d'italien par-ci par-là, mais j'ai fait en sorte qu'ils ne soient pas importants pour
le sens de la phrase. Si malgré tout vous tenez absolument à savoir chaque mot xD demandez-moi.
Et, pour ceux qui apprennent l'italien, pas d'échauffement s'il vous plaît je traduis comme je peux.
Pour finir, je précise que Nero est un personnage capital... nan, LE personnage capital.




EPISODE 2 : NERO



Let us go, through certain half-deserted streets,
The muttering retreats __ _____ _______ ____
Of restless nights in one-night cheap hotels _ _.
And sawdust restaurants with oyster-shells: _ . _
Streets that follow like a tedious argument ____
Of insidious intent _________ ______ _______
To lead you to an overwhelming question...
_.__

T.S.Eliot, The Love Song of J. Alfred Prufrock




Il faisait soleil mais le vent du désert soufflait violemment, des rafales de sable balayant le sol aride, conférant au paysage une certaine beauté mélancolique. Cependant, dès le panneau d'entrée de Las Vegas franchi, la magie s'évaporait, faisant place à celle de la démesure. Le bus laissa ses passagers sur le Strip et repartit vers une autre destination.

Nero posa un de ses sacs au sol, s'étira un moment tout en contemplant la ville qui allait a priori l'héberger pendant quelque temps. Ses yeux sombres et insondables, qui lui avaient en partie valu son surnom, se tournèrent ensuite vers les deux jeunes filles qui l'accompagnaient. Un faible éclair de tendresse traversa ce regard glacial.
Patrizia, son aînée, balaya brièvement le décor, avec précision et acuité, attendant la suite. C'était une femme sublime au petit visage, avec un long nez fin et de grands yeux dorés, la taille gracieuse. Elle était belle et elle le savait, elle dégageait une forte confiance en soi.
Cinzia, plus jeune, ouvrait de grandes prunelles ébahies en scrutant tout autour d'elle, tentant de saisir toutes ces merveilles à la fois, ne sachant plus où donner du regard. Elle avait un visage aux traits doux et tendres, un peu comme un délicieux bonbon. Dociles, les deux attendaient que leur frère leur indique la direction à prendre.

Celui-ci rabattit le col de son blouson de façon à y enfoncer le menton et leur fit signe de le suivre, sans un mot. Nero n'avait jamais été un bavard, mais ça ne signifiait pas qu'il ne pensait à rien. Il avait appris à être impénétrable, et ça lui avait jusque là réussi dans le milieu où il évoluait. Il traversait les évènements en silence, aussi mystérieux et dangereux qu'une ombre. C'était peut-être pour ça qu'on l'appelait Il Nero, Le Noir.
Le garçon remit son sac sur l'épaule et prit la direction qu'on lui avait décrite, quelques jours auparavant. Avant son départ précipité pour échapper aux brigades italiennes. Il avait voyagé depuis, puis avait pris le parti de s'expatrier aux Etats-Unis. Il avait de bonnes relations qui lui avaient recommandé Las Vegas et la simple mention de leur nom pouvait lui ouvrir bien des portes.

Il marchait d'un pas rapide pour oublier le vent de sable qui lui fouettait le visage, ses s½urs à sa suite. Aucune des deux ne se plaignait de l'allure ni rien, même si Patrizia avait des escarpins à talons aiguilles qui lui donnaient une démarche dangereusement chaloupée avec les sacs qu'elle portait. Ils formaient un trio assez insolite. Ils durent marcher encore un petit moment avant d'atteindre une sorte de drive-in à l'italienne, dont les produits n'étaient pas des hamburgers et des frites mais des pizzas assez minables dans leur emballage cartonné ou quelques pauvres penne rigate. Nero soupira. C'était dans ce genre de situation qu'on voyait qu'ils étaient loin de leur Italie natale.

Ils slalomèrent entre les voitures arrêtées où les gens de la classe moyenne qui évitaient les restaurants branchés aux tarifs exorbitants avalaient sans peine ni plaisir leur pitance. Une serveuse en patins à roulettes faillit heurter Nero, elle l'esquiva avec adresse avant de continuer sa route. Le jeune homme atteignit alors le bâtiment où se trouvaient le bar et les cuisines. Le patron le sonda du regard d'un seul coup d'½il à son entrée. Ce nouvel arrivant n'avait pas vraiment l'air du touriste moyen venu simuler un repas à Venise dans une voiture crasseuse.
Nero arriva devant le comptoir et s'y appuya après avoir posé son sac au sol.

- Je vous sers quoi ?
- Je cherche du boulot.


C'était bien ce qu'il pensait. Le vieil homme jeta un regard circulaire aux alentours pour vérifier qu'on ne pouvait les entendre. Il se pencha vers Nero et lui parla dans un murmure.

- Quel genre de boulot, petit ?
- D'après toi, nonno ?
- Désolé, bambino, mais j'ai rien à voir avec ce genre de trucs moi.
- Ah ouais ? C'est pas ce que m'a dit Regatti...


Le patron laissa échapper un profond soupir.

- Vedo. Ok, puisque c'est Regatti qui t'envoies, je vais te filer les tuyaux. Ici, les Ritals qui arrivent pour un boulot dans ton genre entrent dans la sphère du Pater. D'autant plus qu'il a besoin d'effectifs en ce moment. Je vais t'expliquer, bambino. Est-ce que tu sais qu'à Vegas il mierdes de Portoricos ont fusionné leurs intérêts avec le Pater ? Eh bien, c'est seulement en apparence parce qu'ils sont en compétition serrée. Si t'es un p'tit gars efficace et pas chiant le Pater saura amplement te récompenser.

Nero hocha simplement la tête.

- Quel âge t'as, marmocchio ?
- Je suis pas un marmocchio. Et le Pater sera content de moi.
- Bon. Mais c'est bien parce que Regatti t'envoies. Parce que tu sais, tu m'inspires pas du tout confiance.


Il prit un papier près de la caisse enregistreuse, sortit un stylo de sa poche tablier.

- Voilà, pour cette nuit, l'adresse d'un hôtel pas trop cher. C'est un cousin qui le gère, dis que c'est Ciro qui t'envoies et il t'ouvrira les bras. Pour le Pater, il faut que tu commences par appeler ce numéro. Un de ses lieutenants te donnera rendez-vous, ils feront quelques vérif' pour être sûrs que t'es réglo. Après ça, bambino, ton entretien d'embauche est terminé, et si t'es clean t'as un boulot. Tiens, mais ne dis pas que c'est moi qui t'ai donné ce numéro, je veux pas me mouiller.
- Grazie, nonno.


Nero prit le papier sans un mot de plus, reprit son sac et continua la route en compagnie de ses s½urs qui restaient toujours quelques pas en retrait. Ils marchèrent encore un certain temps avant d'atteindre l'hôtel que Ciro leur avait indiqué. Ce n'était pas vraiment le Luxor ou autre hôtel hype de Vegas. Pour tout dire, c'était un petit truc plutôt miteux. Ca devait être de famille de tenir des enseignes crasseuses et déprimantes. Ils n'avaient pas assez d'argent pour se payer une chambre au Luxor de toute façon. Ils étaient arrivés dans l'après-midi mais ils avaient tant marché que la nuit commençait à tomber. Derrière eux, du côté du Strip, les lumières en tous genres s'allumaient une à une, embrasant le crépuscule.

Le jeune homme poussa la porte de l'hôtel. Ils se trouvèrent dans une salle de réception au parquet grinçant, où résonnait une musique lancinante aux accents vaguement italiens. Il n'y avait personne derrière le comptoir, ils se tournèrent alors vers des fauteuils rapiécés un peu à l'écart où ils s'assirent en attendant. Nero cala les pieds sur son sac qui reposait à terre, les deux filles restaient droites sur leurs sièges, scrutant les alentours sans le moindre commentaire.

- Dio, ribasso il suono di questa musica...

L'Italien corpulent qui venait d'entrer s'arrêta net quand il vit les arrivants. Il alla baisser le son de la sono en bougonnant avant de se tourner vers Nero avec un jovial sourire.

- Bonsoir, monsieur !
- Buonasera.


Le visage du gérant s'éclaircit encore.

- Ah, Italiano ? Je n'étais pas sûr. Que puis-je pour vous ?
- Je voudrais une chambre pour la nuit...
- Bien, molto bene, ça fera...
- ... alors Ciro m'a recommandé de venir ici.


L'homme sourit encore plus.

- Décidément ! Tiens, piccolo, ta clé pour toi et tes deux jolies demoiselles. Votre chambre est au second. Comme c'est Ciro qui t'envoie je te fais moitié prix.
- Grazie.


Toujours aussi peu bavard, Nero prit la clé avec un hochement de tête, son sac, et s'engagea dans l'escalier, ses s½urs sur les talons. Chambre 15. Il introduit la clé dans la serrure, poussa la porte.
La pièce était assez petite, avec un lit double, un canapé de cuir vieilli et un lavabo dans un coin. Tout sentait le vieux et l'usé, le parquet grinçait aussi fort qu'en bas ou peut-être plus. Dans un coin de la chambre, un tapis épais était enroulé et posé contre le mur. Patrizia le déroula, révélant de nombreux trous aux bordures noircies. Celui-là avait donc partiellement brûlé. Elle l'étala tout de même au sol, afin de se protéger du mieux possible des craquements du bois. Cinzia s'assit sur le rebord du lit. Elle était éreintée mais pour rien au monde elle n'aurait ajouté des soucis à son frère adoré en se plaignant.

Patrizia alla se passer de l'eau sur le visage tandis que Nero s'asseyait, lui, sur le canapé. Il se tenait ainsi face à sa plus jeune s½ur mais ne la regardait pas, fixant ses pieds de ses yeux terriblement sombres. Lorsqu'il releva enfin la tête, Cinzia lui adressa un de ces tendres sourires dont elle avait le secret. Il hocha vaguement la tête, se demandant au fond de lui laquelle de ses s½urs il préférait.
Mais c'était impossible de savoir. Tout ce qu'il n'aimait pas chez l'une, il l'aimait chez l'autre et vice et versa. Elles étaient pratiquement opposées. Autant Patrizia était forte, confiante, un rien arrogante, manipulatrice et séductrice, autant Cinzia était simple, douce, timide et docile. Nero songea à ses parents. Il ne s'en souvenait pas trop, en fait. Ca faisait longtemps qu'il était le seul tuteur de ces deux filles. Bien sûr, Patrizia était plus âgée que lui mais il était le seul homme de la famille, donc il était de son devoir de veiller sur ses s½urs, selon les valeurs traditionnelles.

La voix rauque et chaude de Patrizia, justement, s'éleva enfin, depuis le coin de la pièce où elle faisait couler l'eau du robinet.

- Tu as trouvé pour ton job, fratello mio ?
- Oui.
- Bene.


Cinzia parla à son tour, de sa voix de petite fille, hésitante comme si elle culpabilisait d'ouvrir la bouche tant qu'on ne l'avait pas autorisée à le faire.

- Tu pourras travailler quand ?
- Demain, piccola. Demain, si tout va bien. Il faut dormir maintenant.
- Nero, tu es sûr que tu ne veux pas le lit ?
- Oui, le canapé est très bien.


Il n'y croyait pas vraiment, mais il était impensable pour lui qu'une de ses deux s½urs, ses deux merveilles, tout ce qu'il avait au monde, dorment dans un si inconfortable et vieux divan. Patrizia esquissa une grimace lorsqu'elle entendit le grincement du lit à l'instant où elle s'asseyait dessus. Elle se tourna vers sa s½ur.

- Tu crois que j'ai tant grossi, Cinzia ?

Celle-ci éclata de rire devant le regard complice de la jeune femme, mince comme un mannequin. Nero les regardait. Il n'y avait que Patrizia qui pouvait redonner le sourire à Cinzia, ce n'était sûrement pas lui qui pouvait y arriver. Il ne trouvait jamais les mots. Encore moins ceux du réconfort.
Il s'étendit sur le canapé, rabattit sur lui la couverture qu'il avait trouvée dans un petit placard. Avant de s'allonger et donc de disparaître de sa vue, Patrizia lui lança :

- Buona notte, piccolo principe.
- Buona notte, regina. Buona notte, principessa.


Patrizia éteignit la lampe de chevet.




Le lendemain, à 13:58...

Nero attendait à la terrasse d'un café sympathique débouchant sur une petite place. Il profitait du soleil avec délice, détaillant les gens de son regard étrange. Ca lui faisait du bien de retrouver une ambiance moins glauque que celle qu'il avait subi pendant toute la journée de la veille, entre le bus déglingué, le drive-in désolant et l'hôtel miteux, ainsi que la très longue marche qui l'avait épuisé...

Il jeta un coup d'½il à sa montre. Le type qu'il avait eu au téléphone après bien des attentes lui avait donné rendez-vous à 14h. Il ne devait plus tarder. Justement, il aperçut un homme grand et élégant avec une veste vert bouteille et de larges lunettes noires, les cheveux plaqués sur le crâne à la gomme et la fine moustache. Nero esquissa un sourire. Quelle caricature. Le type réajusta sa cravate avec des gestes maniérées avant de s'arrêter devant lui.

- C'est toi, Il Nero ?

Le garçon hocha juste la tête. L'autre tira la chaise en face de lui pour s'installer à son aise. Il sortit un paquet de cigarettes de sa poche, qu'il tendit à Nero avec une moue interrogative. C'étaient ces tout petits machins tout fins qui se fumaient juste pour le style, pratiquement.

- C'est bon, j'ai les miennes.

Le rital haussa les épaules tandis que Nero mettait une des siennes dans la bouche et l'allumait. Il en tira une bouffée en attendant la suite. Il regardait l'autre droit dans les yeux, sans ciller, comme à son habitude. Et, toujours comme d'habitude, il était impossible de comprendre ces yeux là, de savoir ce qui se tramait derrière. Aussi impénétrable que les voies du seigneur. Amen.
Au bout d'un très long moment, le gommeux prit enfin la parole.

- Bon. Je suis Ricotta, un des premiers lieutenants d'un homme très puissant. Je sais pas comment t'as eu ce numéro et je veux pas le savoir. Tu veux du boulot, hein ?
- Oui.
- T'en as envie ou t'en as besoin ?
- Les deux.
- Vedo.


Il laissa échapper un nuage de fumée de sa bouche avant de reprendre.

- Donc, Nero, tu viens d'où ?
- De France. J'ai dû partir d'Italie, alors j'ai été dans plusieurs pays d'Europe avant de venir ici.
- T'as dû partir ? Pourquoi ? Police ?
- Exactement.
- Tu bossais avec qui à l'époque ?
- Pour Placido et l'Ermite... mais ils se sont fait serrer.
- Tu bossais avec Placido ! Oui, c'était un mec efficace mais pas assez prudent. Ca m'étonne pas trop qu'il soit tombé. Est-ce que quelqu'un qui bossait avec toi à l'époque et qui n'est pas en taule pourrait confirmer tes dires ?
- Il y a Vinolo, et puis Regatti qui m'a envoyé ici...
- Bene. Attends deux secondes.


Il sortit son portable, composa un numéro. Il parla un long moment en italien. De toute façon, Nero était totalement réglo, il n'avait rien à craindre. Ricotta raccrocha.

- On n'a plus qu'à attendre. Mes gars vérifient ton dossier. En attendant, parle-moi de toi, Nero. T'as quel âge ? Tu fais jeune mignon plutôt qu'autre chose.
- Tu ne me crois pas capable de tuer quelqu'un ?


La vivacité de sa répartie prit Ricotta de court. Il esquissa un sourire amusé.

- Qu'est-ce que je peux en savoir, moi, piacevole ? J'attends de te voir faire. Mais te vexe pas, susceptible. J't'ai pas remis en question, t'es peut-être un dur, chi sa ?

La mâchoire de Nero se crispa légèrement. Bien sûr qu'il était un dur. Il n'avait pas des manières raffinées de tapette avec veston vert pétard assorti, lui, au moins. Le téléphone sonna. Ricotta décrocha et écouta un petit moment avant de raccrocher. Un large sourire apparut sur son visage à l'intention du garçon.

- Benvenuto a Las Vegas.


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# Posté le mercredi 11 avril 2007 05:55

Modifié le lundi 22 juin 2009 08:53